Traces d’un parcours paradoxal

Jean-Claude Besson-Girard est né en 1938. C’est un peintre que l’on pourrait qualifier d’anachronique. Autodidacte, il commence à peindre à l’huile à l’âge de 14 ans. Première exposition personnelle à Lyon en 1958, à la Galerie de Bellecour. Jusqu’en 1966, nombreuses expositions personnelles et de groupe en France et à l’étranger. De 1965 à 1967, période non figurative. En 1968, il cesse de peindre et traverse une crise personnelle qui le conduit à devenir paysan dans les Cévennes. De 1972 à 1984, il anime une communauté rurale qui dessine les prémisses du mouvement pour « la décroissance conviviale ». Retour à la peinture en 1985. Exposition personnelle en 1987, Galerie Étienne de Causans, rue de Seine, à Paris. En 1988 et 1993, expositions personnelles à la Galerie Guigné, rue du faubourg St-Honoré. En 1999, il cesse toute relation avec des galeristes. De 1994 à 2011, vit et travaille en Vaucluse. En 2011, il s’installe dans un petit village niché dans les collines boisées du Mâconnais.

Ce parcours est paradoxal en ce qu’il témoigne des difficultés à vivre un double engagement qui a tissé, pendant plus d’un demi siècle, une passerelle improbable entre le poétique et le politique, entre la peinture et l’incarnation de la réflexion sur l’écologie radicale, comprise comme la nécessité de décroître pour embellir puisque que croître et enlaidir pourraient bien être les signes annonciateurs d’une disparition de l’espèce humaine.

Ce parcours témoigne également d’une négligence  à « faire carrière » et de la nécessité de se tenir à l’écart de « l’art contemporain », pour tenter de « devenir peinture » en s’inscrivant dans la continuité de son immémorial propos qui demeure, dans une époque obscure, le désir de révéler la présence d’une absence dans cet artisanat singulier qu’exige le métier de peintre .

En 1973, publication d’un recueil de poèmes, ET, chez Guy Chambelland. En 2005, publication, aux éditions Parangon, de Decrescendo cantabile, Petit manuel pour une décroissance harmonique. De 2006 à 2012, cofondateur et directeur d’ ENTROPIA, revue d’étude théorique et politique de la décroissance.

 N.B. : Tous les tableaux photographiés de ce site sont des huiles sur toile.  Plusieurs dizaines d’œuvres ont disparu à la suite d’un vol en 1976, et d’autres dans un incendie, en 1991.